Sur les traces de Marichonn
une petite ballade du coté de Lignol pour découvrir la region à pied et par là même marcher sur les traces
de Mari-chônn.

La solitaire farouche du bois de Kérouallan
MARI-CHONN NE VENDRA PLUS L'EAU DU PARDON DE KRENENAN
On l'appelait Mari-Chônn.
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Si bien que presque personne ne prit garde au nom de Marie-Mathurine Jaffrelo, veuve Evanno, qui figurait tout dernièrement dans les avis de décès de Guémené sur Scorff. Car elle avait un nom comme tout le monde. Mais, en dehors des officiers de l'état civil et, nous a-t-on dit, du percepteur, nul ne savait l'identité exacte de cette vieille femme qui s'obstinait depuis de longues années à vivre en marge de la Société. On ne l'appelait que Mari-Chônn : une déformation maligne et sans doute quelque peu péjorative, de Marie-Jeanne. Elle était connue de tout le pays de Guémené, mais plus particulièrement des gens de Lignol qui la voyait de temps en temps, lorsqu'elle s'en allait quérir à St-Yves du pain et du sel. On ne lui savait d'autres emplettes. Elle repartait avec ses maigres provisions vers la retraite, quelque part dans un repli des collines boisées du bois de KërouaIlan qui dominent la vallée du Scorff, aux environs de Cabreno, point de jonction entre les routes de Lignol à Persquen et d'Inguiniel à Guémené. Etrange retraite, où Mari-chônn s'était imposé une réclusion effroyable. Vingt fois plus austère que celle des ermites anciens. Elle n'en sortait guère, du moins en hiver, que poussée par la faim. Mais l'été on la voyait prendre la route des pardons. Elle s'était instituée, en quelque sorte, la gardienne des fontaines vénérées. C'est elle qui puisait l'eau pour les pèlerins en quête de grâces. Elle leur tendait le bol d'eau salutaire, En échange de ce menu service, les jeunes filles à la recherche d'un plant. Les rhumatisants qui sollicitaient un adoucissement à leur peine, tout le bon peuple de la terre, lequel a toujours besoin d'une grâce parce qu'il est toujours en proie à l'inquiétude et au souci. Tous ceux-là enfin qui ne sauraient avoir accompli leur pardon sans avoir fait la visite rituelle à la fontaine du saint laissaient à Mari.Chônn l'obole qui lui assurait le pain de l'hiver. Je suis la vendeuse d'eau à la fontaine du pardon C'est, nous dira t on une histoire très connue: Le folklore de chez nous est plein, en effet, de ces vendeuses d'eau dont pas un honnête pèlerin ne saurait refuser le service. S'il le faisait en se servant lui-même à la fontaine, ah ! Malheur ! ... Il ignorait te pouvoir des gardiennes de l'eau, du moins celui qu'on leur attribue. Une chanson de Guillaume Le Borgne, le barde populaire de Seglien révèle joliment cet état d'esprit. Voici une rapide traduction des passages essentiels : Approcher, ma soeur ! Avant de vous en retourner, Prenez un peu d'eau De la fontaine d'un moustoir. Pour votre bonne chance Je dirai un pater ! Donnez aussi au pauvre Une aumône, mon frère ! Je suis la vendeuse d'eau à la fontaine du pardon Et j'allume les cierges aux pieds de Notre-Dame Je suis sainte aujourd'hui, comme je dis ma prière Demain je serai diablesse, quand je serai chez moi. Je suis une vieille femme, sans foi comme sans coeur En même temps que ma prière, je jette malédiction. Je suis la plus mauvaise sorcière qui soit sur terre Je trouve les choses cachées et toutes choses perdues Je guéris la fièvre et toutes maladies En marmonnant la prière que j'adresse au démon S'il m'arrive de faire plaisir, plus souvent je fais peine Aussi, quand je mourrai, personne ne prendra deuil. Quand il écrivait cela, il y a une trentaine d'années, Guillaume Le Borgne visait-il déjà Mari-Chônn ? Le portrait qu'il a tracé de la traditionnelle vendeuse d'eau des pardons est assez conforme à l'image que la rumeur publique se faisait de la solitaire du bois de Kérouallan. Il y a longtemps, bien longtemps, l'opinion populaire lui attribuait un pouvoir maléfique, résultant d'une sorte de pacte avec les puissances infernales. Elle lui prêtait d'étranges pratiques, jusqu'à déterrer des cadavres d'animaux. On ne sait trop pourquoi. v Bref, Mari-chônn était classé comme un être "'hors série" Elle a eu sa légende dans ce Monde. Comme toutes les légendes, la sienne comporte des exagérations manifestes. Mais la vie secrète de Mari-chônn n'en reste pas moins une énigme qui a fait travailler les imaginations. |
Les marcheurs de l'année 2001 sur les traces de Mari-chônn.
Au départ,

et à l'arrivée

une dégustation de produits locaux.
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